Le Tour de France Axema en visite chez Grégoire-Besson, acteur historique du machinisme agricole
Le Tour de France Axema en visite chez Grégoire Besson, acteur historique du machinisme agricole
Dans le cadre du Tour de France Axema, nous nous sommes rendus chez Grégoire Besson, entreprise emblématique du travail du sol. Cette étape a été l’occasion d’échanger avec les équipes de l’entreprise sur les grands enjeux industriels et technologiques de la filière, notamment la transition numérique et l’évolution des compétences dans le secteur agricole.
Une entreprise historique du machinisme agricole français
Fondée en 1802 dans le Maine-et-Loire, Grégoire Besson est aujourd’hui l’un des constructeurs français de référence dans le domaine des machines agricoles dédiées au travail du sol, notamment les charrues, outils à disques et outils à dents. L’entreprise est née d’une forge créé par la famille Grégoire, avant de se spécialiser progressivement dans les équipements agricoles à la fin du XIXᵉ siècle.
Son siège et son principal site industriel sont situés à Sèvremoine (Maine-et-Loire). L’entreprise emploie aujourd’hui 300 salariés en France
Au fil des décennies, la société a accompagné la mécanisation de l’agriculture française puis européenne, en développant une large gamme de matériels adaptés aux besoins des exploitations agricoles. Elle s’appuie aujourd’hui sur un savoir-faire industriel reconnu et sur une présence internationale, avec des équipements utilisés dans de nombreux pays.
Spécialiste du travail du sol, Grégoire Besson conçoit et fabrique des machines destinées à préparer les terres agricoles – charrues, déchaumeurs, décompacteurs ou outils de préparation de semis – avec l’objectif d’améliorer la performance agronomique tout en répondant aux contraintes économiques et environnementales des exploitations.
Une visite organisée dans le cadre du Tour de France Axema
Cette visite s’inscrivait dans le cadre du Tour de France Axema, une initiative portée lancée en juillet 2025 afin de mettre en lumière les entreprises du secteur et d’échanger sur les enjeux actuels du machinisme agricole au plus proche de nos territoires et de nos adhérents.
L’occasion de réunir plusieurs acteurs de la filière agricole et des territoires pour une visite du site et des discussions autour des évolutions du secteur, qu’il s’agisse d’innovation, d’évolution des pratiques agricoles ou encore des besoins en compétences.
Plusieurs représentants d’organisations professionnelles avaient fait le déplacement : Denis Laize, président de la Chambre d’agriculture départementale, Laurent Lesage, président de la FRCUMA Pays de la Loire, Yves-Mary Houdmon, président de la CUMA Maine-et-Loire, Mathieu Ghislain, délégué régional de l’EDT Pays de la Loire, ainsi que Hervé Gérard-Biard, vice-président d’Aprodema.
La visite s’est également déroulée en présence de Denis Masseglia, député EPR de Maine-et-Loire et Didier Huchon, maire de Sèvremoine et président de Mauges Communauté. Tous deux ont rappelé l’importance de l’agriculture, premier employeur du territoire des Mauges, et pilier essentiel de son dynamisme économique.
L’ACS : un enjeu structurant pour l’avenir de l’agriculture
La visite a également été l’occasion d’aborder la question de l’agriculture de conservation des sols (ACS), présentée par Frédéric Thomas, agronome reconnu et fondateur de la revue TCS – Techniques Culturales Simplifiées, qui travaille depuis plus de vingt ans sur ces pratiques agronomiques.
L’ACS repose sur trois principes agronomiques complémentaires :
- la réduction voire la suppression du travail mécanique du sol ;
- la couverture permanente des sols par des couverts végétaux ;
- la diversification des rotations culturales.
L’objectif est de préserver la structure du sol et de favoriser l’activité biologique (vers de terre, micro-organismes), qui joue un rôle essentiel dans la fertilité et la capacité du sol à retenir l’eau et les nutriments. Ces pratiques visent notamment à limiter l’érosion, améliorer la matière organique des sols et renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques, en particulier lors des épisodes de sécheresse ou de fortes pluies. Elles s’inscrivent dans une évolution progressive des systèmes de culture observée dans de nombreux territoires agricoles.
Les échanges ont également permis de rappeler que travail du sol et agriculture de conservation des sols sont souvent présentés comme opposés, alors qu’ils répondent en réalité à des contextes agronomiques différents. Selon les cultures, les sols ou les systèmes de production, les agriculteurs mobilisent des approches variées. L’enjeu est donc d’avancer de manière complémentaire et en bonne intelligence entre les différentes pratiques, car l’agriculture repose sur une diversité de solutions adaptées aux réalités du terrain.
Dans ce contexte, les acteurs du machinisme agricole sont amenés à proposer une palette d’équipements permettant de répondre à ces différents systèmes, qu’il s’agisse d’outils de travail du sol ou d’équipements adaptés aux pratiques de conservation des sols.
Numérique et agriculture : un levier d’innovation pour la filière
Les échanges ont également porté sur la place croissante du numérique et de l’intelligence artificielle dans les équipements agricoles. L’intégration de technologies embarquées, de capteurs ou encore d’outils de pilotage des machines contribue aujourd’hui à améliorer la précision des interventions agricoles et l’efficacité des exploitations.
Présente lors de la visite, Constance Nebbula, vice-présidente de la Région Pays de la Loire en charge du numérique et de l’intelligence artificielle, a participé aux échanges avec les représentants de la filière. Elle a notamment rappelé les enjeux d’appropriation de ces technologies par les entreprises et les acteurs économiques :
« L'intelligence artificielle ne remplacera pas l'humain, mais l'intelligence artificielle remplacera l'humain qui ne l'utilise pas ».
Ces transformations s’inscrivent dans une dynamique plus large de modernisation des agroéquipements, où les machines intègrent de plus en plus de technologies permettant de collecter et d’exploiter des données au service des exploitations agricoles et de l’évolution des pratiques agricoles.

