Journée Développement Durable 2025 : accompagner nos entreprises dans leur transition environnementale
Le 10 décembre 2025, AXEMA a organisé la première édition de la Journée Développement Durable. Cet événement, dédié aux enjeux de décarbonation, de réglementation environnementale et de transformation durable des équipements agricoles, a réuni industriels, représentants des pouvoirs publics et experts techniques autour d’un objectif commun : fournir des repères clairs pour accompagner la transition environnementale de la filière agroéquipement.
Damien Fétis, président de Fétis Group et de la commission Bas Carbone AXEMA, a ouvert cette journée et rappelé le rôle des industriels de l’agroéquipement dans la transition écologique de l’agriculture. Il a souligné la nécessité de concilier innovation, performance économique et exigences environnementales dans un contexte réglementaire dense.
Objectifs de décarbonation et politiques publiques
La première partie de la journée a été consacrée aux objectifs agricoles et industriels de décarbonation et aux politiques de soutien mises en place par les pouvoirs publics. Les interventions de la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), de l’ADEME et de la Direction Générale des Entreprises (DGE) ont permis de dresser un état des lieux précis des émissions du secteur agricole en France.
L’agriculture représente 19 % des émissions nationales, tandis que le parc français d’agroéquipements motorisés émet 8,3 MtCO₂e, soit 18 % des émissions du secteur agricole. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC II) fixe un objectif de réduction de –18 % des émissions à l’horizon 2030 et de –46 % d’ici 2050 par rapport à 2019.Les leviers de décarbonation identifiés reposent notamment sur l’évolution des pratiques agricoles, le stockage de carbone dans les sols, l’évolution des régimes alimentaires, ainsi que sur la décarbonation des engins agricoles. Cette dernière passe par le développement d’équipements fonctionnant à l’électricité, aux biocarburants, à l’hydrogène ou au biogaz, et par l’amélioration de l’efficacité énergétique des matériels.
Un focus particulier a été consacré aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et au programme E-TRANS, qui soutient l’expérimentation et le déploiement d’engins agricoles électriques. Cet appel à projets est dédié aux engins agricoles électriques, doté d’un budget d’un million d’euros, et vise à accompagner l’achat ou la location d’engins agricoles électriques, neufs ou rétrofités, et à capitaliser sur les retours d’expérience de terrain.
Conformité réglementaire et impacts économiques
La deuxième partie de la journée a porté sur la conformité aux réglementations environnementales, avec un éclairage sur les impacts économiques et juridiques de la décarbonation des matériaux. La Fédération des Industries Mécaniques (FIM) a présenté une analyse des conséquences de la décarbonation de l’acier pour les industries mécaniques, deuxième secteur consommateur d’acier après la construction.
Les échanges ont mis en évidence la montée en puissance du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), la suppression progressive des quotas gratuits entre 2026 et 2034, ainsi que l’introduction du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).
La réglementation européenne ESPR (Ecodesign for Sustainability products regulation), entrée en application le 19 juillet 2024, a également été présentée. Ce règlement étend les exigences d’écoconception à un grand nombre de produits et prévoit la mise en place d’un passeport numérique des produits, renforçant les obligations de traçabilité et d’information pour les fabricants et importateurs.
Le Cetim a ensuite partagé son expertise en matière d’éco-conception et d’analyse du cycle de vie (ACV), forte de plus de vingt ans de travaux dans ce domaine. L’ACV permet d’évaluer de manière quantitative les impacts environnementaux d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie et d’identifier des axes d’amélioration prioritaires.
Responsabilités élargies des producteurs
La journée a également permis de faire un point complet sur les filières de Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) applicables aux équipements et composants de l’agroéquipement. Pneumatiques, huiles minérales et synthétiques, équipements électriques et électroniques, batteries font l’objet d’obligations pour les metteurs sur le marché.
À compter de 2026, une nouvelle filière REP dédiée aux déchets d’emballages professionnels viendra compléter ce paysage réglementaire. Cette filière repose sur la nouvelle définition du « producteur » introduite par la réglementation européenne PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), qui élargit la responsabilité des acteurs mettant sur le marché des emballages, qu’ils soient fabricants, importateurs ou distributeurs, y compris dans un cadre strictement professionnel.
La réglementation PPWR vise à harmoniser à l’échelle européenne les règles relatives aux emballages et à leurs déchets, avec plusieurs objectifs structurants : réduction des déchets d’emballages, amélioration de la recyclabilité, augmentation du contenu recyclé et lutte contre le suremballage.
Les échanges ont également permis d’aborder les grandes réglementations européennes structurantes en matière de durabilité – rapport de durabilité (CSRD), devoir de vigilance (CS3D) et taxonomie européenne – qui renforcent les obligations de transparence, de reporting et de vigilance des entreprises sur leurs impacts environnementaux et sociaux. Un point d’actualité a été consacré aux paquets « omnibus » de simplification annoncés par la Commission européenne, visant à alléger et à mieux articuler ces dispositifs, notamment pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire. Ces travaux en cours traduisent la volonté européenne de maintenir des objectifs ambitieux en matière de durabilité tout en améliorant la lisibilité et l’applicabilité des exigences pour les acteurs économiques.
Normalisation : un levier pour anticiper les exigences à venir
La Journée a également mis en lumière le rôle central de la normalisation pour accompagner la transition environnementale de la filière. Face à la multiplication des réglementations et des obligations de déclaration, la normalisation constitue un outil clé pour sécuriser les démarches des industriels, en proposant des méthodes communes, des définitions partagées et des cadres de référence reconnus.
Les travaux engagés au sein de la filière visent notamment à structurer les démarches d’écoconception, à faciliter la comparabilité des données environnementales et à préparer l’arrivée de nouveaux dispositifs européens, comme le passeport numérique des produits.
À l’échelle européenne et internationale, ces travaux de normalisation permettent également d’assurer une cohérence des exigences entre les marchés et de défendre les spécificités industrielles du secteur de l’agroéquipement, dans un contexte de transition accélérée vers des équipements plus durables.
Retours d’expérience industriels : des initiatives concrètes
L’après-midi a été consacrée à des témoignages d’entreprises, illustrant la diversité des actions engagées sur le terrain. Le SYMMAD a présenté les démarches menées au sein du syndicat des moteurs pour accompagner la transition environnementale du secteur.
- SONAMIA/MONROC est revenue sur la mise en place d’une boucle locale d’énergie, illustrant les opportunités offertes par une approche territoriale de la transition.
- MANITOU a partagé les actions intégrées à sa stratégie globale, mais aussi les projets opérationnels déployés pour réduire l’empreinte environnementale de ses activités et de ses produits.
- Enfin, EXEL INDUSTRIES a présenté la manière dont les enjeux environnementaux et réglementaires sont désormais pleinement intégrés dans ses processus de décision et de développement.
Cette première Journée Développement Durable a illustré la volonté d’AXEMA d’accompagner concrètement les industriels de la filière agroéquipement face aux transformations environnementales. En combinant éclairages réglementaires, analyses économiques et retours d’expérience, l’événement a également permis aux participants de mieux comprendre les trajectoires de décarbonation et d’identifier des leviers d’action adaptés à leurs activités.

